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Genèse du livre

 « Les hommes ont besoin d’être unis, d’espérer, de lutter pour expliquer le monde et pour le transformer… »

Paul Eluard

Fin 1998, la fusion Rhône Poulenc-Hoechst pour créer Aventis est à l’ordre du jour. Un envoi anonyme aux organisations syndicales fait part d’une étude menée par le cabinet Monitor envisageant la fermeture ou la cession de plusieurs sites. Le centre de recherche et développement de Romainville, deuxième centre de recherches pharmaceutiques de France en fait partie.

Une résistance s’organise. Le Président de la République, les pouvoirs publics, les ministères de tutelle, les élus nationaux, régionaux, départementaux et locaux sont alertés. L’établissement de Recherche et Développement de Romainville est mis en vente. Par deux fois, les négociations échouent. Romainville est alors intégré par Aventis à son centre de recherche de Paris.

Les dirigeants ne désarment pas et une nouvelle étude est lancée. Elle conduit en 2003 à l’arrêt des recherches en anti-infectieux et à la fermeture du centre de recherche.

Pendant cette longue période, une solution alternative est construite par les salariés, proposée et argumentée. La direction rejette ce projet après avoir fait semblant de l’étudier.

En janvier 2004, Sanofi-Synthélabo lance une OPA sur Aventis, OPA qui réussira avant l’été. Les nouveaux dirigeants ne reviendront pas sur les décisions prises par leurs homologues d’Aventis.

La fermeture du centre de recherche de Romainville s’accompagne d’un plan de 660 suppressions et de 450 transferts de postes vers d’autres sites Aventis.

La souffrance est grande chez l’ensemble des salariés.

Lors d’une assemblée du personnel dans l’auditorium du site, une femme prend la parole et dit : « Il faut que les gens sachent ce qui se passe ici depuis des mois… comment nos vies sont changées à jamais… combien les décisions prises par les dirigeants meurtrissent… » D’autres salariés interviennent : « Il faut que les gens sachent les conséquences sur les malades et l’accès aux médicaments. » « Il faut que les gens sachent combien on a travaillé pour la santé dans cette entreprise et combien nous en sommes fiers. » « Il faut que les gens sachent comment on s’est battu et comment on se bat. »

Il faut que les gens sachent…

Début 2005, les élus au Comité d’Établissement, en lien étroit avec les salariés, prennent la décision de financer une étude sociologique du plan de sauvegarde de l’emploi (réalisée par Mélanie Guyonvarc’h) et une enquête psychodynamique du travail (réalisée par Anne Flottes et Pascale Molinier). L’engagement est pris, à partir de ces études, de porter ces souffrances à la connaissance de tous.

Après plusieurs semaines de débat, lors d’une assemblée hebdomadaire du personnel, la décision est votée : un livre sera écrit.

L’association RU est créée en décembre 2005.

Le Comité d’établissement lors de sa réunion de dévolution du 31 mars 2006 confie à l’association la mise en œuvre du livre souhaité par les salariés. Par vote les élus décident de subventionner la plus grosse partie du projet.

La recherche d’un écrivain prendra plusieurs mois. Sylvain Rossignol, sans doute séduit par nos passions et nos colères a dit chiche !

Le 20 juin 2006 nous arrêtons avec lui ce que sera le livre.

Une polyphonie qui parle de la souffrance mais aussi de l’immense solidarité des ouvriers, techniciens et cadres touchés ; un livre qui parle de cette chaîne de métiers qui contribuent à la recherche de médicaments innovants ; un livre porteur d’espoir qui raconte l’aventure de ceux qui défendent leur travail parce qu’ils le savent utile et nécessaire.

Le 4 juillet 2006 marquera cette volonté. Les salariés organisent un pique-nique sur le site. Sylvain est l’invité. Les rencontres peuvent commencer.

En septembre  l’association RU signe un contrat de travail d’un an avec l’auteur.

60 entretiens se dérouleront d’octobre à décembre 2006 dans les étages vides du bâtiment Fayol du centre de recherche de Romainville. Puis de janvier à avril 2007 aux bourses du travail de Romainville et de Bobigny.

Aujourd’hui le livre que nous voulions est là. Il ne nous guérira pas d’avoir perdu notre bataille contre la fermeture de ce bijou, de notre outil de travail, mais il témoignera de notre détermination et de notre solidarité encore actives.

Merci à Sylvain qui a su par son écriture, « filmer la force de nos mots ».

Notre usine est un roman, le roman de notre histoire !

 

Annick Lacour, présidente de l’association RU

 

Remerciements

Aux adhérents de l’association RU ; aux comités d’établissements du centre de recherche et développement Aventis de Romainville (Seine Saint Denis), du centre de recherche Aventis de Vitry sur Seine, du site de production Aventis de Maisons-Alfort (Val de Marne) ; au syndicat Cgt du site de production Aventis de Vertolaye (Puy de Dôme) ; à la Fédération Nationale des Industries Chimiques Cgt ; au Conseil Général de Seine Saint-Denis.

 

Pour en savoir plus, pour apporter votre témoignage, pour continuer à débattre nous vous donnons rendez-vous sur le site du livre : http://www.monusineestunroman.com

 

Vous pouvez aussi nous écrire : association.ru@orange.fr