L’usine et le centre de recherche

Roussel-Uclaf de Romainville

De 1920 à 2007

(De Roussel-Uclaf à Aventis en passant par HMR)

1911 : Invention de l’Hémostyl par Gaston Roussel

Le docteur Gaston Roussel fonde son laboratoire qui fabrique notamment l’Hémostyl à partir de sang de cheval. L’Hémostyl devient le médicament classique contre les anémies, la tuberculose et les hémorragies.

1920 : Création de la première société du groupe Roussel-Uclaf

Gaston Roussel crée l’ISH (Institut de Sérothérapie Hématopoïétique ») qui produit l’Hémostyl en quantité industrielle.

1947 : Jean-Claude Roussel succède à son père à la tête de l’entreprise

1968 : accords de coopération avec Hoechst

L’Allemand Hoechst entre au capital de Roussel.

1972 : Jean-Claude Roussel décède

1974 : Hoechst devient actionnaire majoritaire

L’Allemand détient alors 54% du capital de Roussel-Uclaf. Il restera un actionnaire « dormant » pendant 20 ans, c’est-à-dire qu’il s’immisce peu dans la stratégie de Roussel-Uclaf. De nombreux salariés ont l’impression que leur entreprise est toujours gérée par la famille Roussel.

1982 : l’État français entre au capital

Ensuite, l’État français procèdera à une augmentation de capital lui permettant de détenir environ 36% du capital donc une minorité de blocage.

1990 : l’État revend ses parts à Rhône-Poulenc

Rhône-Poulenc entre ainsi au capital de Roussel-Uclaf mais restera un actionnaire « dormant ». Les deux actionnaires principaux sont alors l’Allemand Hoechst (majoritaire) et le Français Rhône-Poulenc.

1995 : Création de Hoechst-Marion-Roussel (HMR) : Hoechst prend les rênes et « américanise » le groupe

Dans un premier temps, Hoechst rachète à Rhône-Poulenc les parts qu’il détient dans Roussel-Uclaf. Il prend ainsi le contrôle quasi total du capital de Roussel-Uclaf.

Dans un second temps, Hoechst achète l’entreprise américaine Marion-Merrel-Dow dont l’ancienne équipe dirigeante prend la direction scientifique et celle du développement international. HMR choisit Romainville pour siège social.

De 1995 à 1998 : la politique d’ HMR ébranle Romainville

Romainville souffre : la santé végétale est transférée (1995) pour être fermée 2 ans plus tard, puis la santé animale est vendue avec suppression d’emplois (1997 ), 4 des 7 axes de recherche en santé humaine sont abandonnés.

Pour autant, l’arrivée du siège social de HMR à Romainville et la construction de nouveaux bâtiments d’une technologique très avancée suscitent des espoirs (le bâtiment Fleming répond aux exigences de confinement biologique de niveau L3 permettant la manipulation d’agents hautement pathogènes).

Novembre 1995 : appel pour la sauvegarde de Roussel-Uclaf

Le texte se conclut ainsi : « Nous vous appelons à agir pour obtenir du gouvernement qu'il s'engage par une intervention concrète : pour le maintien de tous les emplois ; pour le maintien de tous les sites ; pour le développement de la recherche et de la production et faire que Roussel-Uclaf soit une ENTREPRISE CITOYENNE à l'écoute de ses salariés et des besoins des populations. »

Il est signé par de nombreux salariés dont beaucoup d’ingénieurs et de chercheurs et certains chefs de services. Il est également signé par des personnalités du monde de la recherche, de la politique, etc. (Jean-Pierre Chevènement, Pr. Albert Jacquard, l’ancien directeur des recherches RU, Gilles de Robien, Marcel Debarge, Claude Piéplu…)

De 1995 à 1998 : de nombreuses actions syndicales pour s’opposer au délitement du site

Grève et manifestation à Romainville (23 et 30/11/95) ; Manifestation de Romainville à la nationale 3 (18/9/96) ; Distribution de tracts sur la nationale 3 (mars 97) ; Meeting à Romainville avec les syndicats allemands de Hoechst (20/01/98) ; Intervention à l’Union des Industries Chimiques (27/01/98) ; Blouses blanches pendues aux grilles de Romainville (02/98) ; Manifestation à « la ferme » à l’occasion de sa fermeture (27/03/98) ; Conseil municipal extraordinaire de Romainville où la défense du site est à l’ordre du jour (17/12/98).

Octobre 1998 : Le rapport Monitor dévoile la stratégie du futur groupe Aventis qui résultera de la fusion de HMR et Rhône-Poulenc

Le rapport préconise la fermeture de plusieurs sites dont celui de Romainville.

 


 

 

L’année 1999 (de HMR à Aventis)

Janvier 1999 : Irruption d’un militant pendant la conférence de presse du pédégé de Rhône-Poulenc annonçant la fusion avec HMR, dont résultera Aventis

Un militant CGT de Romainville s’y invite et pose une question : « Quel avenir pour Romainville ? » Le pédégé, désarçonné, répond qu’Aventis « se désengagera du site mais ne le fermera pas. » En d’autres mots, le vendra. Après la conférence, les caméras de la Une, la Deux et la Trois se focalisent sur le militant. Par la suite, l’accès aux conférences de presse sera strictement contrôlé.

18 février 1999 : manifestation de  1500 salariés à la Défense

Les salariés de HMR (les ex-Roussel-Uclaf et les ex-Hoechst) se rassemblent à 11h30 à Romainville d’où ils partent en métro vers la Défense. A 13 h., ils rejoignent les salariés de Rhône-Poulenc devant la tour Paul Doumer (Rhône Poulenc). Le cortège se rend au pied de la tour Nobel (HMR). Le texte suivant est lu : « Mesdames et messieurs les dirigeants, nous vous demandons : D'abandonner vos projets ; De maintenir les sites ; De maintenir les emplois ; De maintenir l'ensemble des activités. »

16 mars 1999 : manifestation depuis l’usine jusqu’à l’église de Pantin en bloquant la circulation

25 mars  1999 : une banderole sur la Tour Eiffel 

Déployée par les militants CGT  HMR de Romainville et les militants CGT RPR (Rhône-Poulenc Rorer), elle proclame : "HMR - RPR - EMPLOI - SANTE - DANGER"

8 avril 1999 : manifestation en péniche sur la Seine

Banderoles et fumigènes pour cette manifestation aquatique qui bénéficiera de quelques minutes d’antenne sur FR3

4 mai 1999 : manifestation à Matignon rassemblant près de mille personnes 

4 juin 1999 : manifestation cycliste sur les Champs Elysées

Tentative de descendre les Champs-Élysées à vélos en distribuant un tract de 4 pages. Déjouée par la police. Aucun écho médiatique.

30 juin 1999 : manifestation devant la bourse de Paris

Le cortège comporte des salariés de tous les sites Aventis de la région. Des fausses actions-titres y sont brûlées

Septembre 1999 : Manifestation lors des entretiens de Bichat (journées de formation continue pour les médecins)

Les salariés font irruption lors de ces rencontres, avec banderoles et tracts.

27 septembre 1999 : opération péage gratuit en Région parisienne (Survilliers sur l’A1)

Distribution de tracts par les salariés de Romainville et d’autres sites de la région, ainsi que des élus de Romainville. Des automobilistes donnent le prix du péage par solidarité

Octobre 1999 : diffusion de tracts dans plusieurs gares parisiennes

2 octobre 1999 : portes ouvertes à l’usine de Neuville-sur-Saône 

Une  délégation de Romainville s’y rend.

16 octobre 1999 : participation à la manifestation nationale pour l’emploi

Les « Romainvillois » défilent avec des Tee-shirts sur lesquels est inscrit : « La bourse contre nos emplois contre la santé. Ca suffit. HMR » et « Tous ensemble, pour la santé, pour l’emploi. HMR »

26 octobre 1999 : manifestation intersyndicale pendant la conférence de presse annonçant la création d’Aventis

2 décembre 1999 : Vote à bulletin secret des salariés organisé au bâtiment Pasteur

781 salariés d'HMR à Romainville votent pour exiger l'intervention des pouvoirs publics pour le maintien de leur site, de ses activités et de ses emplois. Les résultats sont portés au préfet de la Seine-Saint-Denis le lundi 6 décembre.

15 décembre 1999 : Manifestation à l’occasion de l’assemblée des actionnaires de Rhône-Poulenc qui finalise la naissance d’Aventis

Manifestation et distribution de tracts aux actionnaires devant le bâtiment -Grande arche de la Défense). Trois militants pénètrent dans la salle avant que les vigiles n’en referment les portes.  Laurent Poly, vétérinaire d’HRVet (la branche vétérinaire de Roussel-Uclaf filialisée sous le nom de HRVet) remet « le diplôme de la honte » au pédégé de Rhône-Poulenc futur pédégé d’Aventis.

La naissance effective d’Aventis peut être datée de cette assemblée des actionnaires.

 


L’année 2000 (Aventis)

Janvier 2000 : La direction dévoile son plan A : vendre Romainville.

Après l’avoir niée, la direction reconnaît son intention de vendre le site de Romainville.

Janvier 2000 : Des cadres présentent un projet de rachat qui inclut Romainville, nommé « Alternative »

Le projet « Alternative » comporte le rachat de Romainville et de plusieurs centres de production anciennement Roussel-Uclaf. Il s’agit, grosso modo, « d’extirper » Roussel-Uclaf d’Aventis et de récréer Roussel-Uclaf. Le tour de table financier est bouclé. La légitimité scientifique et stratégique est apportée par la personnalité des porteurs du projet : chercheurs, cadres managers. Secrètement, des cadres très proches de la direction collaborent au projet.

Avril 2000 : Diminution des effectifs de Romainville par le plan « Alizé »

Ce plan de départ en retraite anticipée est proposé aux volontaires âgés à 55 ans et plus. Au 1er décembre 2000, 670 personnes auront quitté le groupe par ce biais.

7 juin 2000 : Délégation de salariés à Strasbourg, lors d’un comité de groupe

Les comités de groupe et les comités européens d’Aventis se tiennent sur un site anciennement Marion. Rencontre d’une délégation avec le pédégé d’Aventis.

23 juin 2000 : Manifestation en camionnette

Des salariés louent une camionnette avec un mégaphone. Une des banderoles proclame : « 50% des maladies n’ont pas de thérapie adaptée ». Ils traversent Paris jusqu’au siège d’Aventis à la Défense.

25 juillet 2000 : manifestation à l’occasion d’un CEE devant le siège d’Aventis

28 août 2000 : Manifestation à l’occasion de  l'ouverture du nouveau siège

Aventis a vendu la Tour Nobel de la Défense et inaugure son nouveau siège situé Quai de Seine. Les salariés des services administratifs, basés à la Défense mais aussi sur d’autres sites (dont Romainville) sont mutés à cette nouvelle adresse.

31 août 2000 : Manifestation à  Antony

Le président d’Aventis-Pharma reçoit les délégations syndicales. La discussion porte sur l’avenir de Romainville et de Cassenne.

Octobre 2000 : Échec de la vente de Romainville par Aventis et rejet par la direction du projet « Alternative »

La direction étudie les propositions d’achat de Dupont de Nemours (janvier) et de Pierre Fabre (août). Elle dédaigne le projet « Alternative ». Les négociations avec Dupont et avec Fabre échouent. En octobre 2000, la direction annonce que Romainville n’est plus à vendre.

Octobre 2000 : Projet du transfert du Développement des procédés de Romainville vers Vitry et Neuville-sur-Saône

La CGT mènera la lutte pour s’y opposer ; en vain.  75 salariés sont concernés.

 

17 octobre 2000 : élections professionnelles de Romainville

La CGT arrive en première place dans les 1er, 2ème  et 3ème collège, aussi bien aux élections de DP (Délégués du Personnel) qu’au CE (Comité d’Établissement).

23 novembre 2000 : Rencontre au ministère de l’Industrie

Des salariés de Romainville rejoignent leurs collègues de l'établissement Aventis "Central-Seine" et forment une délégation qui sera reçue au ministère de l’Industrie.

24 novembre 2000 : Interruption du Comité d'Établissement par les salariés de la comptabilité

Le CE a pour objet la présentation du projet de réorganisation de la comptabilité d'Aventis. Il prévoit la suppression de 62 postes sur l’ensemble de la comptabilité (fin 2001). Les salariés s’invitent au CE pour entendre l'exposé du responsable et poser directement leurs questions.

7 décembre 2000 : Une délégation de salariés rencontre les dirigeants à l’occasion d’un Comité de groupe Aventis à Strasbourg

A l’occasion du comité de groupe Aventis, les salariés demandent à être reçus par les dirigeants. Dialogue de sourds entre les salariés et le PDG monde du groupe et le responsable des ressources humaines Europe.

Fin 2000 : Annonce de regroupements d’activités hors recherche entre différents sites

Des salariés de Romainville sont transférés vers d’autres sites : Croix de Berny, Montrouge, Sièges (les deux sièges de ex-HMR et ex-Rhône-Poulenc sont regroupés à Paris Central Seine après revente des deux tours de la Défense.)

Au 31 décembre 2000, l’effectif total inscrit à Romainville est de 1818 salariés.

 


 

L’année 2001 (Aventis)

25 janvier 2001 : Manifestation des Invalides au ministère de la Santé (300 personnes)

30 janvier 2001 : Manifestation à Bobigny à la préfecture de Seine-Saint-Denis et réception par des élus du Conseil général (350 personnes)

8 février 2001 : Participation des « Aventis » à une manifestation à Lyon à l’occasion du forum Biovision (présence de Jacques Chirac)

1er mars 2001 : L’ex-directeur de la chimie médicinale de Roussel-Uclaf adresse une lettre au ministre de l’Industrie

Extrait : « C’est un véritable gâchis organisé auquel nous assistons aujourd’hui. Il est désolant de voir à quel point Aventis fait fi des compétences scientifiques et des technologies de pointe accumulées sur le site de Romainville. »

Mars 2001 : Mise en place d’un comité de soutien aux activités de R&D du centre pharmaceutique de Romainville

La lettre du 1er mars constitue le socle de ce comité. En avril, 200 chercheurs l’ont déjà rejoint parmi lesquels de nombreux responsables d’unités de recherche (INSERM, CNRS, INRA, CEA, Universités de Sciences, Pharmacie, Médecine…).

29 mars 2001 : Manifestations et débrayages sur tous les sites d’Aventis à l’occasion d’un CCE extraordinaire

L’ordre du jour est le suivant : Les délocalisations d'activités avec pertes d'emplois et mobilités forcées (dont la comptabilité) ; Le projet d’organisation de la DI&A (avec baisse d’activité et externalisation programmée du domaine des maladies de l’os) ; L’éclatement du site de Romainville en deux établissements distincts ; Le projet de transfert du Développement des procédés et des brevets.

Les salariés de Romainville manifestent au siège d’Aventis (Quai de Seine) puis rejoignent le ministère de l’Industrie où une délégation est reçue. Elle indique que ses exigences sont portées par plusieurs milliers de grévistes sur les sites, 600 manifestants sur Paris et des centaines sur Lyon.

Avril 2001 : Aventis dévoile son plan B : réorganiser la  recherche en région parisienne et imposer des mutations  aux salariés sans ouvrir de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)

Aventis décide de réorganiser sa recherche et développement (R&D) en région parisienne. Elle prévoit de muter plusieurs centaines de salariés de Romainville vers Vitry. La direction menace de licencier les salariés refusant leur transfert.

La direction « ouvre le livre IV » (c’est-à-dire applique les dispositions du Code du travail rassemblées dans le livre IV) comme la loi l’y oblige. Le livre IV expose l’argumentaire et le projet de l’employeur quand il prévoit une réorganisation touchant de façon substantielle l’organisation du travail et de l’entreprise. Il doit être présenté au Comité Central d’Entreprise (CCE) et aux Comités d’Établissements (CE).

La direction refuse d’ouvrir un livre III car il l’obligerait à présenter un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE). Le PSE est un document qui regroupe un ensemble de mesures destinées à limiter le nombre de licenciements et à favoriser le reclassement des salariés dont le licenciement est inévitable. Il est obligatoirement communiqué à la direction départementale du travail (DDTEFP). Les représentants du personnel doivent être réunis, informés et consultés sur le contenu du PSE. A défaut, la procédure de licenciement est nulle.

La loi stipule que : « La validité du PSE est appréciée au regard des moyens dont dispose l’entreprise ou, le cas échéant, l’unité économique et sociale du groupe. » Elle précise que « le comité d’entreprise, un syndicat mais également les salariés peuvent contester la validité du PSE »

Le livre III et le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui l’accompagnerait sont perçus par la direction comme autant de droits supplémentaires pour les salariés et de contraintes pour elle. La direction cherche à y échapper.

2 et 3 avril 2001 : envahissement par les salariés du CCE extraordinaire qui se déroule à Antony

Avril à juillet 2001 : CE et CCE se succèdent dans le cadre du livre IV

La Direction ne modifie pas une virgule au projet.

4 juillet 2001 : Une délégation du Conseil Général sur le site de Romainville

Les élus ont répondu favorablement à une invitation de la CGT. Ils viennent soutenir les salariés et exprimer leur inquiétude quant à l’avenir du site. La direction leur refuse l’entrée dans l’usine.

21 septembre 2001 : Opération portes ouvertes à Romainville

Les salariés invitent des élus, des journalistes, des personnalités de la recherche. L’écrivain Didier Daeninckx est présent. La direction refuse l’entrée aux invités, ferme les portes et fait appel à une entreprise de sécurité.

Octobre 2001 : Les syndicats attaquent le plan  B

Le CE (Comité d’Établissement) et les syndicats CGT et FO décident d’attaquer la direction en référés devant le tribunal de Nanterre pour contester l’ensemble de la procédure.

14 novembre 2001 : Victoire !

Le tribunal de Nanterre donne raison aux salariés. Le plan B est bloqué ; le transfert de personnel ne peut avoir lieu dans ces conditions La direction fait appel.

Novembre 2001 : Un investissement pour Romainville

La direction veut regrouper à Romainville l’activité recherche en anti-infectieux menée à Vitry et à Romainville et réaménage à cette fin des laboratoires à Romainville. Plus tard, cette activité anti-infectieux sera extraite juridiquement du groupe Aventis en étant externalisée dans l’entreprise Novexel qui naît sur le site de Romainville (seulement une trentaine de salariés début 2008).

 

29 novembre 2001 : Conférence de presse devant l’usine en présence de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT

Décembre 2001 : Séparation en deux unités distinctes du centre de production (250 personnes) et du centre de recherche.

Elle deviendra juridiquement effective l’année suivante.

20 décembre 2001 : Le comité d’établissement informe de la décision de vendre des bâtiments

Les bâtiments Marie Curie, Jean-Claude Roussel, Claude Bernard, Fayol sont mis en vente. 667 places de parking complètent le lot. Aventis devient locataire des bâtiments Jean-Claude Roussel et Fayol.

Après avoir été vides pendant plusieurs années, ces bâtiments ont trouvé des locataires qui devraient emménager début 2008.

Au 31 décembre 2001, l’effectif total inscrit à Romainville est de 1215 salariés

(501 salariés de moins que l’année précédente).


L’année 2002 (Aventis)

16 Janvier 2002 : Victoire confirmée, exit le plan B

La cour d’appel de Versailles confirme le référé rendant impossible l’application du plan de restructuration de la recherche en Région parisienne dans les conditions antérieures.

L’avocat qui défend les salariés de Romainville prévient : « Ces grands groupes ne sont jamais battus. Ils anticipent les décisions de justice, qu’elles soient positives ou négatives.»

7 janvier 2002 : Les  rapports confidentiels se suivent et se ressemblent

Les syndicats prennent connaissance du rapport du cabinet Boston Consulting Group, commandé par la direction. Il prévoit la réorganisation du centre de recherche de Paris (c’est-à-dire l’ensemble des sites de recherche du groupe en région parisienne) et, tout comme le rapport Monitor de 1998, la fermeture de Romainville.

Début 2002 : Mise en place  de la  sous-traitance des services d’appui à Romainville

Elyo assure l’ensemble des services techniques d’entretien.

Février 2002 : Aventis contre-attaque par un plan C qu’elle abandonnera : « les mouvements ciblés »

Ce plan présenté par la direction inclut le transfert rapide d’activités comme le Développement des procédés, la Pharmacocinétique, de Romainville vers d’autres sites de la région parisienne. La CGT et la CFDT négocient avec la direction un accord de méthode sur ce projet. Mais la direction l’abandonne en juin 2002 et parle d’une nouvelle stratégie à venir.

14 mai 2002 : Délégation de salariés à Strasbourg à l’occasion d’une assemblée générale des actionnaires

Les salariés ont tiré un fil, telle une corde à linge sur l’esplanade,  sur laquelle ils pendent des blouses et épinglent des feuilles marquées de slogans : « Pour la santé, pour la sécurité alimentaire, halte au massacre de nos sites » « Pas de spéculation sur la santé »…

Juillet 2002 : Le dépeçage de Romainville continue, cette fois-ci via les filialisations

Aventis se désengage de son activité sur la Maladie de l’os en la confiant à une filiale qui est créée à cet usage sur le parc Biocitech : Proskélia.

Courant 2002 : Le morcellement du site se poursuit

Des grilles apparaissent, notamment à l’usine 1 entre les bâtiments à louer et les bâtiments de Biocitech.

27 septembre 2002 : Action syndicale : A l’occasion d’une Assemblée Générale au bâtiment Pasteur,  les DRH d’Aventis sont retenus

Le Responsable des ressources humaines du groupe Aventis, accompagné de plusieurs DRH (chaque domaine médical est chapeauté par un Directeur des Ressources Humaines), vient expliquer le PSE à l’ensemble des salariés. Le DRH de l’établissement de Romainville est également présent.

« Vous ne sortez pas sans avoir répondu à nos préoccupations ! » leur intiment les salariés, mécontents du PSE. Les portes sont grandes ouvertes, mais les dirigeants ne quitteront la salle qu’à minuit.

18 octobre 2002 : Aventis présente au CE et CEE un plan D qui signe l’arrêt de mort du centre de recherche de Romainville (ouverture du livre IV)

La direction expose un plan de  restructuration qui se traduit par la fermeture du Centre de recherche Romainville. Le Centre de production (ex-Usine 4, environ 250 personnes) n’est pas concerné par cette fermeture. Ce plan sera mené à son terme.

Ce ne sont donc pas des difficultés économiques du groupe (il est florissant), ni des déficiences de Romainville qui justifient ce plan (l’excellence du site – les compétences de ses professionnels, la qualité de ses installations, sa capacité d’innovation – ne sera jamais mise en cause par la direction).

La direction justifie ce plan par une stratégie mondiale. Le livre IV stipule que cette « seconde » restructuration (après celle « avortée » de 2001) est inscrite dans une stratégie de réorganisation mondiale de la recherche et développement (DI&A) incluant la focalisation sur 3 domaines de recherche : Système Nerveux Central, Diabète et Cancérologie. Cette stratégie mondiale se décline au niveau de la France par une réorganisation de l’ensemble des activités de recherche et développement d’Île-de-France qui touche les sites de Croix de Berny, Vitry et Romainville. Un des aspects stratégiques essentiels est l’abandon des anti-infectieux (domaine de l’antibiothérapie) qui entraîne la fermeture d’un des deux centres de recherche, à savoir Romainville (l’autre étant Vitry). Selon les mots du livre IV, il faut « adapter la recherche et développement sur le positionnement commercial. » Dans ce cadre, les antibiotiques ne sont plus jugés commercialement stratégiques. La stratégie se focalise encore davantage sur une course aux blockbusters, ces médicaments capables de générer plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire par an.

La page 1 du livre IV explique que cette réorganisation vise à « améliorer sa compétitivité [celle du groupe] et sa performance. » Aventis est alors le premier groupe pharmaceutique français. Son site Internet proclame à l’époque qu’avec « 15,6 milliards d’euros de vente dans le monde », il connaît « au minimum 10% de croissance moyenne par an ». En 2002, il totalise 11,2% du marché officinal.

L’inscription dans une stratégie mondiale et la priorité au rendement financier à court terme constituent les éléments primordiaux qui motivent cette vaste réorganisation incluant la fermeture du centre de recherche de Romainville.

24 octobre 2002 : À 11 heures, les salariés des services d’appui lisent une déclaration au directeur d’établissement de Romainville

Elle sera lue chaque jour et débute ainsi

«  En travaillant et s'investissant sérieusement depuis des décennies, les salariés des services d'appuis ont permis aux chercheurs de la Recherche et du Développement de Romainville :

.           de travailler, chercher, trouver en toute sécurité dans leurs labos, dans leurs secteurs, (pompiers, préventions, environnement)

.           de travailler, chercher, trouver, en ayant un suivi médical sérieux (infirmières, médecins)

.           de travailler, chercher, trouver, etc.

Elle se poursuit sur le même mode en citant tous les services :  jardiniers, employés de ménage, ouvriers de l'entretien ;  employés de laboratoire ;  employés du service Formation ;  employés de la paye, du service social, accueil, standard ;  employés des magasins produits, préparations milieux, achats, collection ;  employés du service archivage ; employés des services achats ;  salariés de la Comptabilité ; employés des services manutentions, salariés du service transport, coursiers ; salariés du service informatique ; salariées du Comité d'établissement, bibliothèque du CE ; salariés des services techniques, électriciens, mécaniciens, énergie, régulation... ;  salariés du service réception, du service courrier ; salariés de la restauration ;  salariés des services reprographie et multimédia ;  salariés de la crèche. »

Et se termine ainsi :

« Aujourd'hui, vous nous annoncez la fermeture du Centre de Recherches Aventis de Romainville, entraînant dans les services d'appuis essentiels à la recherche, la disparition de 268 postes sur 296 (268 postes où sont présentes au moins 268 personnes), entraînant avec eux environ 400 salariés d'entreprise de sous-traitance présentes sur le site depuis de nombreuses années (TFN, Comanet, Elyo, ACR, CEFF, Caquelard, Sogéres, …)

Nous vous demandons d'étudier un autre projet… »

Novembre 2002 : Publication de la proposition alternative qui s’appellera Néréis

Au 31 décembre 2002, le bilan social distingue pour la première fois le Centre de recherche de Romainville du Centre de production de Romainville du fait de la scission juridique des deux établissements.

L’effectif total inscrit au Centre de recherche Romainville est de 1082 salariés.

L’effectif du Centre de production de Romainville est d’environ 200 salariés.

 


 

L’année 2003 (Aventis)

Janvier 2003 : Lors d’un CCE, la CGT et la CFDT de Romainville présentent un projet alternatif à la fermeture du site : « Néréis »

Ce projet inclut des activités de R&D notamment autour des anti-infectieux. Il occuperait  500 salariés sur le site. Lors de ce même CCE, la CGT de Vitry (site anciennement Rhône-Poulenc) présente son propre projet qui concurrence le projet Néréis puisqu’il propose de développer une recherche en anti-infectieux à Vitry.

Janvier 2003 : Des salariés créent un site Internet dédié à Néréis : www.nereis-sante.com

« La restructuration [envisagée par Aventis] […] vise l’abandon d’un axe thérapeutique majeur que constitue les anti-infectieux. […] Pour mémoire, 17 millions d’individus meurent par an de maladies infectieuses. Cette stratégie  se fait au prétexte d’une rentabilité moindre [des anti-infectieux] et de l’insolvabilité des patients atteints de parasitose alors que dans le même temps, le groupe Aventis annonce un résultat net en hausse de 28% en 2002, à 2,09 milliards d’euros. 

 «  Afin d’être le plus possible en cohérence avec ses atouts, et de répondre tant à l’intérêt des malades que du personnel, sans se placer dans une confrontation frontale avec la direction d’Aventis, le projet Néréis a pour objets principaux :

-          la sauvegarde d’une recherche française et européenne de haut niveau dans le domaine des anti-infectieux concourant, par la même, à une indépendance thérapeutique dans cet axe qui n’est plus travaillé à cette échelle dans la CEE.

-          La constitution d’une structure de développement du médicament permettant de valoriser les travaux issus de la recherche privée ou publique […],

-          La création d’un centre de formation au médicament.

L’ensemble devant contribuer à la construction d’un « pharmapôle » public-privé susceptible de devenir un centre d’attractivité pour une innovation thérapeutique prenant en compte des concepts éthiques, et non uniquement basé sur, ni soumis aux, « lois du marché ».

Le Monde Diplomatique (mars 2003) et la magasine anglais de référence Nature (avril 2003) publient des articles sur Néréis.

19 février 2003 : campagne d’affichage lancée par les élus du Comité d'Etablissement 

L’affiche (4 m sur 3) interpelle directement la direction d'Aventis et les pouvoirs publics. Elle couvre plus de 300 panneaux publicitaires de Seine-Saint-Denis.

24 février 2003 : fermeture du livre IV au CCE.

250 salariés sont présents dans la salle.

Mars 2003 : les procédures légales suivent leur cours avec l’ouverture du livre III

La direction présente le livre III aux instances représentatives du personnel : chiffres de suppressions et transferts de postes ainsi que les modalités d’application du PSE.

Pour les 871 salariés du Centre de recherche Romainville concernés par le PSE :  479 postes sont supprimés (45%) obligeant les 479 salariés concernés à rechercher un emploi (les services dit « supports » sont particulièrement touchés : 268 salariés)  et 395 postes sont transférés (55%) offrant une solution de reclassement en interne à ces salariés  (en majorité vers Vitry, quelques-uns vers Croix de Berny).

Pour le site de Vitry : 146 postes supprimés. Pour celui de Croix de Berny : 33 supprimés et 14 transférés.

Globalement en Île-de-France : 666 supprimés et 534 transférés pour un total de 1200 postes.

Parmi les modalités du livre III, une Cessation Anticipée d’Activité (CAA), autrement dit une préretraite, est proposée pour les salariés nés en 1947.

La direction signe une convention de réindustrialisation avec le préfet de Seine-Saint-Denis dans laquelle la direction s’engage à réindustrialiser Romainville à travers la création d’un parc technologique (appelé Boréalis puis Biocitech) ainsi que le département de Seine-Saint-Denis. Cet engagement s’inscrit dans la loi de Modernisation sociale qui prévoit que « les entreprises occupant plus de 1000 salariés […] sont tenues de prendre des mesures permettrant la création d’activités et le développement des emplois dans le bassin d’emploi affecté par la fermeture totale ou partielle du site. »

Biocitech est pris en charge financièrement par Aventis pour trois ans à compter de l’ouverture du PSE.  Aventis s’engage à recréer 1035 emplois avant septembre 2005.

13 mai 2003 : Néréis : Présentation du projet au ministère de la Recherche et de l’Industrie

L’accueil est cordial, le projet jugé intéressant, mais le ministère affirme son impuissance à soutenir le projet.

23 juin 2003 : Néréis : Conférence de presse à l’assemblée nationale à l’invitation des élus du PCF

Cette conférence de presse est largement relayée par la presse nationale (Les Échos, Le Parisien, Le Figaro, Le Dauphiné Libéré…).

Juin 2003 : La direction rejette officiellement le projet Néréis

Pourtant, les cabinets d’expertise Bionest, Sécafi et Coexco ont tous trois jugés le projet Néréis viable.

4 juillet 2003 : Grève et manifestation devant les grilles de Romainville

Pendant que la direction reçoit les syndicats au siège du groupe, 300 salariés grévistes font brûler une torche devant les grilles de l’usine et organisent un sit-in route de Noisy.

Juillet 2003 : Issue pour les salariés nés en 1948

Ils pourront opter pour un départ en Cessation Anticipée d’Activité

2 septembre 2003 : Manifestation à Antony devant le site Aventis Croix de Berny 2

500 manifestants de Romainville.

16 septembre 2003 : Action syndicale : la CGT et FO cadenassent les grilles de l’usine

L’opération se fait à l’aube. Les salariés ne peuvent entrer dans l’usine. Mme Élisabeth Guigou, alors en campagne électorale, arrive sur les lieux avec des journalistes de la télévision. Alors qu’elle s’apprête à faire une déclaration devant les grilles de l’usine, elle est prise à partie par des salariés qui lui reprochent de faire de la récupération politique et de ne pas s’être engagée pour la survie du site quand il était encore temps.

24 septembre 2003 : Manifestation de Romainville à la préfecture

En tête de cortège, sur un gros ballon blanc gonflé à l’hélium, est inscrit : « Aventis licencie – Gouvernement complice ». Devant la préfecture, les salariés scandent : « Deux milliards d’euros ! Aventis licencie ! Non, non, non, il n’en est pas question ! » Une délégation (3 représentants syndicaux CGT, CFDT, FO et douze salariés) est reçue par le directeur de cabinet du préfet. Elle demande au directeur départemental du Travail de dénoncer les insuffisances du plan social.

Septembre 2003 : fermeture du livre III et mise en œuvre du Plan de Sauvegarde de l’Emploi

Annonce nominative des postes transférées et supprimées au terme de l’application de critères de licenciements composés à 55% de critères personnels (situation familiale) et à 45% de critères professionnels appliqués « de façon obscure et orientée par les hiérarchies » selon les syndicats (des responsables de laboratoire obtiennent un zéro pointé).

La mesure de CAA (Cessation Anticipée d’Activité) est étendue aux personnes nées en 1948 dans la version du livre III du 22 septembre.

Septembre 2003 : La direction présente un projet de plate-forme CNRS INSERM qui pourrait s’implanter sur le site

Le projet avortera un an plus tard.

1 octobre 2003 : Blocage du TGV Thalys à la gare du Nord

80 salariés occupent les voies. La police les déloge et les encadre vers l’extérieur de la gare.

2 octobre 2003 : Blocage du dépôt d’Aventis à Garonor

150 salariés bloquent un dépôt Aventis qui constitue une plate-forme routière de distribution des produits pharmaceutiques pour obtenir du gouvernement (via le préfet) un arrêt de la procédure de restructuration.

6 octobre 2003 : Les salariés sont informés par leur hiérarchie de leur sort

Les salariés apprennent verbalement et par courrier l’annonce de la suppression ou du transfert de leur poste. Les salariés dont les postes sont supprimés reçoivent leurs lettres de notification de licenciement à partir de janvier 2004.

9 octobre 2003 : Manifestation et envahissement du LEEM

Le LEEM (Les entreprises du médicament) est la structure patronale des entreprises françaises du médicament. 100 Romainvillois présents.

14 octobre 2003 : Deux dirigeants sont retenus jusqu’à une heure du matin

Depuis l’ouverture du PSE, les représentants syndicaux ont instauré une nouvelle pratique syndicale en réunion de CE (comité d’établissement) : les « portes ouvertes ». Le directeur de l’établissement de Romainville, président du CE, demande traditionnellement à la secrétaire du CE (CGT) en début de séance à 14 heures :  «  Je suppose que nous allons avoir de la visite ? ». Elle lui répond : « Mais les salariés sont ici chez eux », puis va leur ouvrir les portes.

Ce 14 octobre, les réponses apportées par le directeur de l’établissement de Romainville et le responsable de la DRH de Romainville ne satisfont pas la cinquantaine de salariés présents. Ils exigent la venue du responsable DRH du groupe Aventis. Celui-ci refuse de se déplacer à Romainville dans ces conditions. Le syndicat l’appelle au téléphone toutes les demi-heures. Il arrivera sur le site à une heure du matin. Des salariés d’autres sites viennent en soutient ainsi que des conjoints et amis…

16 octobre 2003 : Manifestation au Centre de recherche de Vitry

Octobre 2003 : Première « rencontre du mardi »

A l’initiative de la CGT, une rencontre des salariés est programmée chaque mardi. On y fait le point des actions juridiques en cours, des difficultés de chacun, des perspectives. Pour de nombreux salariés, ces rencontres constitueront un soutien moral. Elles se tiendront  jusqu’en 2006 (environ tous les mois). Ensuite c’est l’association RU qui organisera tous les deux ou trois mois des points de rencontre

4 novembre 2003 : Manifestation au LEEM

La manifestation est faite en compagnie des salariés du groupe Pfizer qui connaissent eux-aussi des problèmes d’emploi. Le phénomène de concentration des entreprises, de focalisation de la recherche sur les blockbusters et de licenciement touche l’ensemble de l’industrie pharmaceutique (à de rares exceptions près). Les salariés entrent dans  les locaux de la chambre patronale et exigent des reclassements.

Décembre 2003 : Conception d’une feuille d’information « Nous accusons ! »

Elle dénonce la politique d’Aventis en prenant l’exemple de l’abandon de l’Eflornithine (« Le fabricant en a arrêté la production en 1995, arguant de problèmes de solvabilité. Ce médicament de la maladie [du sommeil] ne touche que des malades pauvres qui ne peuvent payer le traitement. En 2001, après plusieurs années de pression, la firme s’est engagée à fournir les quantités nécessaires pour 5 ans. » 60 millions d’Africains sont affectés.

Elle dénonce également les salaires des dirigeants. 7 d’entre eux cumulent 4,3 millions d’euros (hors plus-value et stock options), soit 3576 SMIC. Elle présente le projet Néréis.

4 décembre 2003 : Repas d’adieu au site de Romainville

Le CE organise, au self, ce repas d’adieu à leur usine pour tous les salariés qui sont transférés sur d’autres sites.

16 décembre 2003 : Participation à une manifestation en direction du LEEM à Boulogne

Novembre 2003 : Les salariés nés en 1949 et 50 se rassemblent et s’organisent pour ouvrir des négociations avec la direction (mars à juillet 2005) afin d’obtenir des départs en CAA

Ceux nés en 49 l’obtiendront mi-2005 avec mise en application au 1er octobre 2005, contrairement à ceux nés en 50 seront à reclasser ou licenciés (le 30 septembre 2005).

 

Décembre 2003 : Le dernier Noël à Romainville pour de nombreux salariés

Les salariés transférés en Région parisienne (Vitry, Alfortville, Compiègne, Le Trait…) fêtent avec leurs collègues leur dernier Noël sur le site (parfois dans le laboratoire même).

Fin 2003 : La crèche d’entreprise devient crèche associative

Aventis décide de supprimer la crèche d’entreprise qui existe depuis 1947.

Le CE prend l’initiative de sauver la crèche qui devient associative. Son financement est assuré par le département, la caisse des allocations familiales, les entreprises qui « prennent des places », les parents.

Au 31 décembre 2003, l’effectif total inscrit au centre de recherche de Romainville

est de 971 salariés.

L’effectif du Centre de production de Romainville est d’environ 250 salariés.

 


 

L’année 2004 (Aventis devient sanofi-aventis)

Janvier 2004 : Sanofi lance une OPA sur Aventis qui durera jusqu’en avril

Lancer une OPA signifie prendre le contrôle d’une entreprise en devenant actionnaire majoritaire. L’OPA réussira en avril. Le groupe sanofi-aventis est officiellement créé le 20 août.

Janvier 2004 : Aventis, bien qu’attaqué par l’OPA de Sanofi poursuit la fermeture du centre de recherche de Romainville

Aventis ne marque pas de pause dans la restructuration. Un planning de transfert définit la mutation du personnel et des activités jusqu’à la fin 2004, date à laquelle le Centre de recherche devrait être vidé de ses salariés.

Janvier 2004 : une action en justice perdue

Les syndicats attaquent la direction au sujet de l’utilisation des critères dits « professionnels » qui ont fondé pour 45% la décision de la direction quant aux suppressions de postes. Le procès en référé ne leur permet pas de contrer l’utilisation de ces critères.

Janvier 2004 : les lettres de licenciements

Elles sont reçues par certains salariés en poste supprimé. Les congés de reclassement débutent à la date de la notification de licenciement (15 mois maximum pour les moins de 50 ans et 17 mois maximum pour les plus de 50 ans).

Février 2004 : les salariés licenciés sont immédiatement dispensés d’activité

Début 2004 : La cellule de reclassement débute son travail

Sa mission est d’aider les salariés auxquels aucune solution de reclassement en interne n’a été proposée à retrouver du travail. Les entretiens se déroulent dans l’enceinte de l’entreprise au bâtiment administratif Fayol (ex-usine 1) qui a été loué par sanofi-aventis.

1er février 2004 : Création du Parc Biocitech sur le site de Romainville

L’entreprise Dalcéo est chargée de la gestion du parc Biocitech  en offrant des prestations auprès des entreprises locataires du parc : accueil, services d’entretien, sécurité… Aventis a passé un contrat pour 5 ans avec Dalcéo ce qui laisse planer des incertitudes à son échéance.

53 des 479 personnes licenciées sur le site de Romainville sont réembauchées dans Dalcéo avec perte de rémunération, déqualification et perte de statut. Aventis assure pendant 3 ans une compensation partielle de la perte de revenus pour les salariés reclassés dans cette structure (à l’issue de cette période, la perte de salaire peut s’élever à 40%). Plus de 80% des salariés de Dalcéo ex-Aventis ont entrepris des démarches aux Prud’hommes afin de dénoncer les pratiques d’Aventis. Jugement en juin 2008.

Une quarantaine de salariés sanofi-aventis reclassés, licenciés ou ayant tenté de créer une entreprise « vont aussi aux prud’hommes » demandant réparation (la date du jugement n’est pas encore fixée).

Deux groupes de salariés (soixante-dix au total) entament des procédures aux prud’hommes pour réclamer réparation à Aventis (Aventis pharma SA existe toujours juridiquement sans effectifs !). D’un côté les salariés de Dalcéo et Sogérès anciennement salariés Aventis. De l’autre les salariés sanofi-aventis licenciés ou reclassés. (jugements attendus au cours de l'été 2008)

Je syndicat CGT entre en justice sur le fond, sur le non-fondé des licenciements économiques, les qualifiant de  licenciements boursiers (jugement attendu au tribunal d’instance).

Avril 2004 : sanofi-aventis maintient l’option choisie par Aventis : fermer le centre de recherche de Romainville

sanofi-aventis poursuivra le plan social qui lui a été légué par Aventis. La transition se fait « en douceur » : la plan dit « social » reste le même, malgré des premières déclarations qui se veulent rassurantes de la direction.

11 mai 2004 : Manifestation à la Défense puis à Antony

Organisée par la Fédération départementale chimie de la CGT, cette manifestation réunit le matin des salariés de plusieurs groupes dont le siège social se situe à la Défense. Une banderole dénonce : « La bourse contre les emplois et la santé. »

Les manifestants entourent le parvis d’un long tissu noir. Les salariés d’Aventis se rendent l’après-midi à leur siège social « Croix de Berny ».

8 juin 2004 : Débat à Romainville co-organisé par des scientifiques d’Aventis et par "Sauvons la Recherche !"

Ces débats explorent les relations entre recherche privée et recherche publique. Interviennent des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, d’Aventis Pharma France, de Proskélia. La visite du site est refusée par la direction.

Fin juin 2004 : Des salariés nés en 1947 et 1948 se regroupent en association et attaquent Aventis   aux Prud’hommes

Les salariés (environ 200) nés en 1947 et 1948 des sites d’Antony, Romainville et Vitry et qui sont entrés en Cessation Anticipée d’Activité (CAA) dans le cadre du PSE poursuivent leur combat contre le prélèvement d’une partie importante de leur indemnité de licenciement sur leur préretraite. 80 salariés se constituent en association. Un recours est déposé aux prud’hommes mais la demande sera scindée entre cadres et non cadres.

Les non cadres seront déboutés fin 2005 et les cadres en octobre 2006 (sans argumentations précises, si ce n'est le fait que les salariés aient signé leur CAA). En appel, les non cadres seront de nouveau déboutés (au motif que la séparation entre direction et salariés aurait été faite d’un commun accord !). L’appel des cadres passera en mars 2008, sans grands espoirs.

Les salariés ne poursuivront pas en cassation, la procédure étant trop onéreuse.

 

 

 

Juillet 2004 : sanofi-aventis se désengage de l’activité anti-infectieux en la filialisant sur le site même.

Novexel est créée. C’est une « spin off », c’est-à-dire une petite entreprise filiale d’un grand groupe (Aventis). Elle reprend une partie des anti-infectieux développés historiquement sur le site. Elle emploie 35 personnes à sa création au lieu des 90 prévus initialement.

20 août 2004 : Création officielle du groupe sanofi-aventis

Au 31 décembre 2004, l’effectif total inscrit à Romainville au centre de recherche de Romainville est encore de 252 salariés. La direction avait prévu qu’il serait à cette date de zéro (livre III p.7)

L’effectif du Centre de production de Romainville est d’environ 250 salariés.

 

 


L’année 2005

Début 2005 : sanofi-aventis met en place une structure chargée de reclasser les salariés

De nombreux salariés perçoivent l’activité de cette structure (à distinguer de la cellule de reclassement), non pas comme une aide mais au contraire comme une tentative de leur faire accepter des reclassements « en force ».

Mars 2005 : Le PSE est prolongé de 7 mois, Un court répit qui ne sera qu’un sursis

L’échéance de fin de PSE de mars 2005 est repoussée à septembre 2005 ce qui est bénéfique pour tous les salariés qui n’ont pas encore trouvé de solution. Tant qu’ils sont « en PSE », les personnes sont encore salariées de l’entreprise.

9 juin 2005 : Manifestation à la Bourse de Paris (Palais Brongniart)

Elle est organisée par les fédérations CGT de la métallurgie et de la chimie. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, est présent.

Juin 2005 : Le vidage du site se poursuit

L’activité Vrac, seule activité restante sur le site et non incluse dans le PSE est transférée à Croix de Berny.

Juin 2005 : Le CHSCT commande une enquête en psychodynamique du travail

Cette enquête porte sur les souffrances des salariés. Elle sera menée de septembre à novembre par le cabinet Essor Consultants. Le rapport d’Anne Flottes et Pascale Molinier est intitulé : « Recherche sur la souffrance des salariés confrontés à la fermeture de leur établissement. »

Juin 2005 : Le Comité d’Établissement (CE) commande une enquête sociologique

Menée par Mélanie Guyonvarc’h (Université d’Evry Val d’Essonne), l’enquête porte sur les conséquences du plan social sur les salariés. Les 44 entretiens se dérouleront d'août 2005 à janvier 2006. Le rapport s’intitule : « De la " sauvegarde de l’emploi " à la fermeture d’un centre de recherche – Étude sociologique du Plan de Sauvegarde de l’Emploi d’Aventis Pharma (2003/2006) à Romainville (Seine Saint-Denis – 93) »

Septembre 2005 : Issue  pour les salariés nés en 1949

Un accord est trouvé avec la direction : La Cessation anticipée d’activité (préretraite) est proposée aux salariés nés en 1949 par dérogation à l’accord-cadre du groupe. Cette mesure ne concerne que le personnel encore sur Romainville. (Elle exclut les salariés nés en 1949 qui ont accepté leurs transferts). La direction refusera d’étendre cet accord aux personnes nées en 1950.

13 ET 28 septembre 2005 : Manifestation sur le site de Chilly-Mazarin (ex-établissement de Sanofi-Synthélabo)

Il s’agit de défendre les salariés qui n’ont pas trouvé de solution (salariés nés en 50 dont la direction a refusé la CAA). 6 salariés de 55 ans seront licenciés le 30 septembre. Ils ont travaillé en moyenne près de 34 ans pour l’entreprise, dans le groupe. Ils percevront les indemnités Assedic avec, en corollaire, une insécurité liée aux décisions gouvernementales actuelles.

3 salariés de 55 ans ont commencé à travailler très jeunes, et se voient proposer un départ en retraite en 2006 (loi Fillon).

Pour les plus jeunes, 2 d’entre eux ont eu des propositions acceptables de reclassement dans le groupe.

Octobre 2005 : Proskélia (filiale à 90% d’Aventis) basée sur le parc Biocitech licencie

En 2002, Aventis s’est désengagé de ses activités consacrées à la Maladie de l’os. Ces activités ont été reprises par Proskélia qui est une création d’Aventis qui détient 90% de son capital. Il s’agit d’un « spin-off », c’est-à-dire une filiale essaimée. Basée sur le parc Biocitech, elle emploi majoritairement des anciens salariés de Roussel-Uclaf. Dans le cadre du projet de réindustrialisation, Aventis s’est engagée à soutenir financièrement la société pendant 3 ans jusque fin août 2005. Deux mois après la fin de cet engagement, Proskélia licencie 20 de ses 100 salariés. Peu avant, Proskélia et Strakan ont fusionné pour former Prostrakan. La nouvelle direction ne veut plus accorder la priorité aux activités de recherche.

L’exemple de Proskélia montre la fragilité des petites sociétés du parc technologiques.

Décembre 2005 : Naissance du projet d’un livre

Lors « d’un mardi » (selon l’expression usitée par les salariés pour désigner leur réunion hebdomadaire), le personnel décide qu’un livre sera écrit. L’association RU est créée pour mettre en œuvre cette décision puis pour faire naître et organiser des débats autour des questions posées par le livre avec des salariés (sur les site de Sanofi-aventis en France) et des citoyens (notamment dans les lieux culturels de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne).

Fin 2005 : Un premier bilan de la réindustrialisation bien en dessous des objectifs

Les entreprises extérieures installées à Biocitech représentent à peine 300 emplois sur l’engagement de réindustrialisation de 1035. En septembre 2005 le site représente aux alentours de 500 emplois (300 sur Biocitech et 200 salariés de sanofi-aventis au Centre de production).

Au 31 décembre 2005, l’effectif total inscrit au Centre de recherche Romainville

est de 46 salariés.

L’effectif du Centre de production de Romainville (sanofi-aventis) est d’environ

250 salariés.

 


L’année 2006

13 avril 2006 : Lettre de l’Inspection du travail au directeur de l’établissement de Romainville concernant les licenciements économiques

Extrait : « Le motif économique invoqué n’est pas avéré, la direction n’ayant pas démontré, ni en 2002, ni à la date de la demande que la réorganisation et les suppressions d’emplois qui ont été faites consécutivement étaient indispensables à la sauvegarde de la compétitivité de l’entreprise au sens de  l’article L.321-1 du Code du travail »

31 mars 2006 : Le CHSCT et le CE sont dissous

Il était prévu que les instances représentatives du personnel seraient dissoutes mi-septembre 2005. Elles ont été maintenues jusqu’à mars 2006 car des solutions restaient à trouver pour certains salariés.

Le CE pratique à sa dévolution (la dispersion du patrimoine social et culturel).

Mai 2006 : Première rencontre entre les salariés et Sylvain Rossignol

L’association RU expose à Sylvain Rossignol sa demande : « Raconter Romainville : le travail, les hommes et les femmes, la lutte pour sauver l’usine. »

Les 60 entretiens se dérouleront d’octobre à décembre 2006 dans les étages vides du bâtiment Fayol du centre de recherche de Romainville. Puis de janvier à avril 2007 à la bourse du travail de Romainville et à celle de Bobigny.

8 juin 2006 : Action syndicale : Manifestation au nouveau siège du groupe, avenue de France, pour le maintien des conditions de la complémentaire santé

Au 31 décembre 2006, l’effectif total inscrit au Centre de recherche Romainville est de 0 (zéro) salarié, et ce depuis le 30 juin.

La direction a mis 3 ans et demi (ouverture du livre III le 18 octobre 2002) pour vider le Centre de Recherche de Romainville (871 salariés) au lieu des 2 ans prévus. Et plus de 7 ans par rapport au projet initial Monitor (décembre 98).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’année 2007

Prolongation de la convention qui lie Sanofi-aventis à ses engagements de réindustrialisation

Tout comme en 2006, les syndicats sont intervenus auprès du préfet en pointant les manquements de sanofi-aventis vis-à-vis des objectifs inscrits dans le plan de réindustrialisation. En conséquence, sanofi-aventis prolonge pour la deuxième fois le contrat qui devait initialement se terminer en septembre 2005 (notamment par son soutien financier au fonctionnement du parc Biocitech).

Juin 2007 : La maire de Romainville préempte 8 hectares du site Biocitech pour en faire une ZAC (Zone d'aménagement concerté)

Pour la ville, il s'agit "d'écarter toute dérive spéculative ultérieure", et d'intégrer ce parc à une future Zone d'aménagement concerté (ZAC) de 50 hectares, dont la construction doit démarrer en fin d'année. Sanofi-aventis conteste cette décision devant les tribunaux, est débouté mais fait appel.

Juin 2007 : Un médicament contre l’obésité interdit à la mise sur le marché américain

Les échos 07/01/08 – « Obésité - Pilule amère pour sanofi-aventis : sanofi-aventis comptait en faire un « blockbuster ». Au mieux, ce sera un petit produit. En juin, les experts de la  Food and Drug Administration ont recalé Acomplia (rimonabant), le nouveau médicament contre l'obésité. Ils avaient été alertés par les effets secondaires psychiatriques sévères - aggravation des tendances suicidaires - observés lors des essais cliniques.[…] Quant au refus américain, il est catastrophique, vu la prévalence de l'obésité aux États-Unis. Au terme d'un développement qui a duré douze ans et consommé plusieurs centaines de millions d'euros, c'est un échec cuisant. »

Sanofi conteste cette décision.

Par ailleurs, un cabinet d’avocats américain a déposé contre le laboratoire une plainte en nom collectif (« class action ») pour informations trompeuses et mensongères. Le cabinet estime ainsi que le groupe français, qui a longtemps communiqué sur les retombées financières énormes attendues de la vente de sa « pilule miracle » – avant qu’elle ne soit retoquée par les autorités américaines de la santé cet été – a trompé les investisseurs.

Fin 2007 : les prévisions de la direction du groupe sont sombres, l’heure est aux économies

Les grandes lignes de la stratégie financière pour les années 2008 et 2009 sont tracées ainsi par la direction au CCE du 13 novembre 2007 :

« - Les années 2008 et 2009 seront dures : le chiffre d’affaire baisse dans des grands pays, et les premiers nouveaux produits attendus sont pour 2010.

- La direction est obligée de faire une contention forte des dépenses en R&D ; la R&D doit faire des économies comme les autres activités du groupe. Certaines activités de R&D pourraient même être arrêtées.

● Le budget 2008 sera en croissance ZERO (frais de personnel compris). Les investissements seront en diminution de 50%.

● Concernant  l’emploi la cible budgétaire de 2007 a été dépassée. Il va falloir faire des priorités, tous les départs ne seront pas remplacés. Il faut une forte contention de tous, CDI, CDD, Intérim. 

● Concernant les investissements, ils vont être réexaminés pour décider ceux qui seront poursuivis, reportés ou stoppés. Tous les projets démarrés seront achevés »

15 novembre 2007 : Courrier d’un responsable de sanofi-aventis aux salariés de recherche et développement

La lettre débute ainsi :

Chers collaborateurs,

Le contexte dans lequel évolue l’industrie pharmaceutique s’est radicalement transformé au cours des dernières années. II est donc essentiel non seulement d’appréhender cette transition, mais encore de trouver des solutions adaptées et de les mettre en place rapidement.

Permettez-moi tout d’abord d’évoquer les derniers changements auxquels notre industrie doit faire face.

 

Des défis à relever

Malgré une rentabilité supérieure à celle des autres acteurs industriels et une croissance soutenue, tant du chiffre d’affaires que des résultats, les perspectives de l’industrie pharmaceutique n’apparaissent pas clairement aux yeux des investisseurs. En effet, avec un rapport cours/bénéfice (ou PER) de 10 à 15, notre activité est actuellement sous valorisée comparativement à celle des secteurs de l’automobile ou de la chimie, qui affichent un PER de 20.

 

Que constatons-nous en examinant simplement quelques-uns des défis auxquels nous sommes confrontés ?

[…]

·         Le mouvement accru de concentration et de mondialisation de l’industrie pharmaceutique n’a pour l’heure, pas porté ses fruits. »

Biocitech totalise 17 entreprises et quelques 400 salariés, loin des 1035 prévus par la convention signée par Aventis.

L’effectif du Centre de production de Romainville (sanofi-aventis) est d’environ

250 salariés.

 


 

 

L’année 2008

Avril 2008 : Sortie en librairie du livre « Notre usine est un roman » et mise en ligne du site www.notreusineestunroman.com

Pour les salariés, le livre n’est pas une fin en soi. Il est un  moyen de rendre public et de politiser la question de la santé. C’est pourquoi ils décident d’organiser des débats.

Le site Internet a plusieurs vocations :

·         Apporter des compléments au livre : photos, mise en ligne de l’étude sociologique (portant sur le plan social à Romainville) et de psychodynamique du travail…

·         Informer de l’actualité du livre : tables rondes, critiques de la presse…

·         Être un lieu d’échange d’opinions et d’idées.

En prévision pour l’été 2008 : deux jugements des prud’hommes

Ils concernent deux groupes des salariés. D’un côté les salariés de Dalcéo et Sogérès anciennement salariés Aventis. De l’autre les salariés sanofi-aventis licenciés, reclassés, ayant trouvé du travail hors de l’entreprise ou ayant créé leur entreprise et qui réclament réparation auprès de sanofi-aventis.

Quelques éléments de la politique actuelle chez sanofi-aventis

·         Restrictions de budgets de R&D, de formation, de participation aux congrès et séminaires ; Gel des embauches ; Austérité salariale (+ 2,2 % en 2008, pas de job d’été pour les enfants du personnel) ; La production de paracétamol sera délocalisée de Roussillon vers une filiale chinoise ; La direction résiste à la demande de négociations sur la pénibilité (en particulier des sites de production de travail en équipes.)

 

En mars 2008, Biocitech totalise 21 entreprises et près de 500 salariés,

sur les 1035 prévus par la convention signée par Aventis.

L’effectif du Centre de production de Romainville (sanofi-aventis) est d’environ

250 salariés